
La Fédération Wallonie-Bruxelles traverse une crise de sens. Elle exerce des responsabilités centrales — enseignement, culture, sport, aide à la jeunesse, recherche — mais elle le fait dans un cadre institutionnel de plus en plus contesté, tant pour sa lisibilité que pour son efficacité budgétaire. Ces dernières années, les arbitrages financiers se sont durcis, et le gouvernement de la FWB a dû annoncer des économies importantes pour 2026, signe d’une tension structurelle qui ne se résout pas par des ajustements ponctuels.
Ce n’est pas un secret : la Belgique a déjà profondément réformé son État, transférant nombre de compétences vers les Régions et les Communautés, et la répartition des pouvoirs reste un sujet permanent de débat. Dans ce contexte, la FWB apparaît comme une entité à la géométrie particulière : une Communauté francophone qui ne couvre pas tout le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale et dont les compétences sont complexes à distinguer de celles des Régions dans plusieurs domaines.
Pour le MDM, la question n’est donc pas de « supprimer la francophonie » ni de « laisser tomber l’école », mais de se demander si la FWB doit rester un niveau de pouvoir autonome, ou si ses missions peuvent être mieux administrées par les Régions, qui sont déjà chargées d’une grande partie des politiques territoriales. L’objectif est de clarification, pas de destruction : un citoyen plus proche des décisions, des budgets plus transparents, des responsabilités plus claires.
Ce positionnement n’est pas purement théorique. Il répond à une demande croissante de simplification et de responsabilité. Les citoyens ne demandent pas plus d’institutions, mais davantage de lisibilité sur qui fait quoi, qui décide et qui paie. Si la FWB continue d’être perçue comme une structure coûteuse (plus de 13 milliards d’euros dettes cumulées, qui atteindront probablement plus de 21 milliards en 2029 !) et difficile à comprendre, sa légitimité s’affaiblira, quel que soit le danger de couper brusquement avec le passé.
Le MDM peut porter cette idée sans tomber dans le slogan, à condition de proposer une transition organisée, compétence par compétence, avec une réelle garantie de continuité pour l’enseignement, la culture et l’aide à la jeunesse. L’enjeu n’est pas de changer d’étiquette administrative, mais de s’assurer que chaque euro public sert d’abord l’utilité concrète pour les citoyens. La vraie question est donc simple : la FWB est-elle encore le meilleur niveau de pouvoir pour exercer ces missions, ou vaut-il mieux les régionaliser, avec un cadre clair et des responsabilités assumées ?
Le débat mérite d’être ouvert, sans préjugés ni idéologie. La poursuite de la FWB comme niveau de pouvoir autonome n’est pas une évidence, mais une option politique parmi d’autres. Ce qui est clairement obsolète, en revanche, c’est de continuer à justifier les structures par leur existence, sans se demander si elles améliorent vraiment la vie des gens.

