La droite qui innove, la Belgique qui avance

Continuer à intégrer les pays de l’Est  dans l’UE est révélateur d’une folie politique presque mystique


Le grand mensonge de Bruxelles consiste à faire croire que l’avenir de l’Europe dépend uniquement de sa capacité à résister à Vladimir Poutine.

Faux.

Le vrai danger pour l’Union européenne n’est pas à Moscou.

Il est à Bruxelles.

Il siège dans les sommets européens, dans les couloirs de la Commission, dans cette obsession maladive de l’élargissement permanent qui transforme peu à peu l’Union en monstre bureaucratique ingouvernable.

L’Union européenne ne mourra probablement pas sous les bombes russes.

Elle mourra d’indigestion.

À force de vouloir absorber toujours plus de pays, toujours plus de populations, toujours plus de contradictions, Bruxelles détruit ce qui faisait encore tenir l’ensemble : un minimum de cohérence politique.

Ukraine. Moldavie. Balkans. Demain Géorgie. Après-demain qui encore ?

L’Union européenne agit comme un empire fatigué qui confond expansion et puissance.

Or l’histoire est cruelle : les ensembles politiques qui ne savent plus définir leurs frontières finissent toujours par se dissoudre.

L’UE compte déjà 27 États et elle est incapable :

  • d’avoir une politique migratoire commune,
  • d’assurer son indépendance énergétique,
  • de parler d’une seule voix diplomatique,
  • de protéger efficacement ses frontières,
  • ou même de prendre rapidement des décisions sans marchandages humiliants.

Chaque sommet européen ressemble davantage à une copropriété en faillite qu’à une puissance mondiale.

Et pourtant, les eurocrates veulent continuer à élargir.

Toujours plus.

Comme si ajouter des passagers sur un navire déjà instable allait miraculeusement le rendre plus solide.

L’exemple ukrainien est révélateur d’une folie politique presque mystique.

On parle d’intégrer un pays :

  • en guerre,
  • économiquement exsangue,
  • marqué par une corruption structurelle historique,
  • nécessitant des centaines de milliards d’aides,
  • et dont l’entrée bouleverserait totalement les équilibres agricoles, budgétaires et géopolitiques de l’Union.

Et tout cela sans véritable débat démocratique.

Parce qu’à Bruxelles, l’élargissement est devenu une religion.
On ne réfléchit plus.
On récite.

Toute critique devient immédiatement suspecte :
si vous doutez de l’élargissement, vous êtes « populiste » ;
si vous posez la question des limites européennes, vous êtes « nationaliste » ;
si vous refusez cette fuite en avant, vous êtes presque accusé de servir le Kremlin.

Cette hystérie morale cache une réalité simple :
les dirigeants européens savent parfaitement que l’Union devient trop vaste pour être gouvernable.

Mais ils continuent quand même.

Pourquoi ?

Parce que l’Union européenne moderne ne sait plus approfondir son projet politique.
Elle ne sait plus créer d’adhésion populaire.
Elle ne sait plus produire de puissance réelle.

Alors elle compense par l’expansion géographique.

C’est la logique des structures en déclin :
quand le centre s’affaiblit, il tente de masquer sa fragilité par l’extension.

Rome l’a fait.
L’URSS l’a fait.
D’autres avant elles aussi.

Toutes ont fini par s’effondrer sous leur propre poids.

Le plus ironique dans cette histoire est que la Russie pourrait finalement ne jamais détruire l’Union européenne.

Bruxelles pourrait très bien s’en charger seule.

Car une civilisation ne disparaît pas forcément lorsqu’elle est envahie.
Elle disparaît souvent lorsqu’elle ne sait plus ce qu’elle est, où elle s’arrête et pourquoi elle existe.

Et c’est précisément le drame européen actuel.

Une Union sans frontières claires.
Sans peuple commun.
Sans projet lisible.
Sans colonne vertébrale civilisationnelle.
Mais avec une bureaucratie immense persuadée que l’élargissement infini remplacera la puissance politique.

Erreur historique.

On peut survivre à un ennemi extérieur.

On survit rarement à sa propre dilution.

L’Union européenne ne mourra peut-être jamais sous les chars russes.

Mais elle pourrait très bien se noyer dans son propre élargissement.


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