
Le MDM estime qu’il est théoriquement possible de concevoir une réindustrialisation de la Belgique principalement basée sur la robotisation et l’automatisation, sans dépendre de l’immigration pour combler des besoins en main-d’œuvre.
1. Principe
La réindustrialisation via la robotisation consiste à remplacer une partie importante du travail humain par des machines, des robots ou des systèmes automatisés. Cela signifie que l’entreprise peut produire plus avec moins de main-d’œuvre, en se concentrant sur des postes hautement qualifiés (maintenance, programmation, supervision).
- Exemples :
- Usines automobiles très automatisées (Tesla, BMW, Toyota)
- Industrie pharmaceutique robotisée pour la production et le conditionnement
- Agroalimentaire automatisé (tri, emballage, stockage)
2. Avantages
- Indépendance de la main-d’œuvre étrangère : moins besoin d’attirer des travailleurs étrangers pour combler les métiers pénibles ou mal rémunérés.
- Compétitivité accrue : réduction des coûts liés à la main-d’œuvre, gain de productivité.
- Qualité et régularité : les robots travaillent 24/7 avec moins d’erreurs.
- Attractivité pour les investissements : les entreprises peuvent être plus enclines à investir dans un pays où le travail humain rare ou coûteux est complété par la technologie.
3. Conditions nécessaires
Pour que cela fonctionne, il faut plusieurs facteurs :
a. Capital et investissement
- La robotisation nécessite un investissement initial très élevé : machines, logiciels, infrastructures.
- Les PME peuvent avoir plus de difficultés à suivre ce rythme qu’Apple ou Siemens.
b. Main-d’œuvre qualifiée
- Même si le travail manuel est remplacé, il faut des ingénieurs, techniciens et informaticiens pour programmer, maintenir et superviser les machines.
- Cela peut se traduire par un besoin accru en formation locale.
c. Adaptation industrielle
- Certaines industries sont plus faciles à automatiser (automobile, électronique).
- D’autres nécessitent encore beaucoup de travail humain, par exemple :
- Métiers artisanaux ou sur-mesure
- Industrie alimentaire fine (fromages, chocolats)
- Services industriels complexes (certains services logistiques, maintenance complexe)
d. Réglementation et environnement
- Le cadre légal (sécurité au travail, normes environnementales) doit faciliter l’installation de robots et l’investissement industriel.
- La robotisation peut également avoir un impact sur l’emploi, ce qui peut créer des tensions sociales.
4. Limites
- La robotisation ne résout pas tous les besoins de main-d’œuvre, notamment pour les métiers intermédiaires ou créatifs.
- Un pays peut se retrouver à manquer de compétences locales si l’éducation et la formation ne suivent pas le rythme.
- Le coût de la robotisation peut rendre certaines industries non rentables si le marché est trop petit ou trop concurrentiel.
5. Conclusion
Le plan de réindustrialisation du MDM part du postulat que la Belgique est capable de viser une réindustrialisation sans recourir massivement à l’immigration, à condition de :
- Miser sur la robotisation et l’automatisation dans les secteurs stratégiques.
- Investir massivement dans la formation de la main-d’œuvre locale pour les métiers techniques et la supervision robotisée.
- Sélectionner les industries où l’automatisation est efficace et rentable.
- Maintenir un cadre légal et fiscal favorable à l’investissement industriel et technologique.
En pratique, cela représenterait un modèle de « robotisation intensive avec capital humain local qualifié », ce qui est ambitieux mais plausible pour un pays comme la Belgique, surtout dans les secteurs à haute valeur ajoutée.

