La droite qui innove, la Belgique qui avance

Une Europe sans OTAN oblige la Belgique à un sursaut stratégique


Pendant des décennies, la Belgique a vécu dans un confort stratégique trompeur. Notre sécurité intérieure et notre défense extérieure ont été largement déléguées : à l’OTAN pour la protection militaire, à nos alliés pour le renseignement stratégique, à des mécanismes européens encore inachevés pour la gestion des crises.
Ce modèle a fonctionné tant que l’architecture de sécurité euro-atlantique tenait. Mais cette architecture se fragilise.

Dans une Europe privée de l’OTAN — par retrait américain, paralysie politique ou rupture stratégique majeure — la Belgique ne peut plus se permettre l’illusion de l’irresponsabilité sécuritaire. Elle doit choisir : rester un passager vulnérable ou devenir un acteur adulte de sa propre sécurité.

La sécurité intérieure ne peut plus être pensée comme avant

Les menaces contemporaines ne relèvent plus d’une simple logique policière. Elles sont hybrides, diffuses, souvent invisibles : cyberattaques contre les infrastructures critiques, sabotages, ingérences informationnelles, terrorisme instrumentalisé, criminalité transnationale armée.

Or la Belgique demeure enfermée dans un système fragmenté, lent et cloisonné, où la coordination intervient trop souvent après la crise, jamais avant. Ce retard stratégique n’est plus soutenable.

Une rupture s’impose : penser la sécurité intérieure comme une résilience nationale. Cela suppose une doctrine claire liant police, renseignement, cyberdéfense et protection civile. Cela suppose aussi un renforcement réel des capacités de renseignement, non pour surveiller davantage, mais pour anticiper mieux.

La liberté ne survit pas à l’impréparation.

Une armée crédible n’est pas un luxe

L’armée belge a été progressivement réduite à une force symbolique, conçue pour contribuer à des opérations multinationales décidées ailleurs plutôt que pour assurer la défense effective du territoire national. Cette posture était tenable sous le parapluie de l’OTAN. Elle ne l’est plus dans un environnement stratégique instable.

Dans une Europe sans OTAN, la Belgique doit se doter d’une capacité militaire crédible, proportionnée et défensive. Cela implique d’abandonner l’illusion d’une armée légère et expéditionnaire au profit d’une armée compacte, technologiquement avancée et ancrée dans le territoire.

La dissuasion conventionnelle, la cyberdéfense, la lutte anti-drones, la protection des infrastructures critiques et la reconstitution d’une réserve opérationnelle structurée ne sont pas des choix idéologiques : ce sont des impératifs de souveraineté démocratique.

L’Europe ne peut pas se substituer à la responsabilité nationale

Face à l’érosion de l’OTAN, certains invoquent une défense européenne abstraite, technocratique, supposée compenser les faiblesses nationales. Cette vision est illusoire.

L’autonomie stratégique européenne ne pourra exister que si elle repose sur des États capables, responsables et souverains. La coopération militaire est indispensable — notamment avec nos partenaires du Benelux, la France et l’Allemagne — mais elle ne saurait remplacer la crédibilité nationale.

C’est là tout le sens d’un souverainisme éclairé : coopérer sans s’effacer, mutualiser sans se déresponsabiliser.

Le courage politique de la lucidité

Refuser cette rupture stratégique, c’est accepter l’impuissance en cas de crise majeure. C’est exposer les citoyens à des menaces que l’État aura refusé d’anticiper. C’est confondre pacifisme et naïveté.

Assumer cette rupture, au contraire, c’est faire le choix d’un État adulte, d’une démocratie protégée et d’une Belgique pleinement responsable dans une Europe en recomposition.

La sécurité n’est pas une posture idéologique.
Elle est la condition même de la liberté politique.

Carl-Alexandre Robyn

Fondateur et responsable politique du Mouvement Droite Moderniste (MDM), Belgique

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