
1. En Belgique : un espace politique encore peu occupé
Le « modernisme de droite » est une catégorie rare en Belgique, où la droite s’articule surtout autour de deux axes classiques :
A. Droite libérale (MR, Open VLD)
- Pro-marché, pro-UE, sociétalement plutôt progressiste ces dernières années.
- Mais pas « moderniste » au sens de projet de société structuré.
- Vision économique libérale, mais manque parfois de colonne idéologique.
B. Droite national-conservatrice (N-VA, VB)
- Orientation identitaire ou confédéraliste.
- Modernisation économique mais modernisme sociétal limité.
- Certaines postures environnementales et sociétales restent conservatrices.
Conclusion pour la Belgique
Le modernisme de droite représente un espace intermédiaire et encore vierge :
➡ni libéral progressiste,
➡ni conservateur identitaire,
➡mais une droite réformatrice, modernisatrice, civique, pro-réformes et pro-innovation, sans dérive idéologique extrême.
Ce créneau n’est actuellement occupé par aucun autre parti que le MDM.
2. En Europe : un courant émergent mais dispersé
Le modernisme de droite a des équivalents partiels dans plusieurs pays :
A. France
- Une partie de Renaissance (ex-LREM) : réformisme économique + sociétal progressiste + européisme.
- Une partie des Républicains réformateurs.
Mais aucun ne revêt une identité propre de « droite moderniste ».
B. Pays nordiques (Danemark, Suède, Finlande)
- Certaines droites gouvernent avec une vision pro-innovation, écologique pragmatique, libérale-sociale.
- C’est probablement l’exemple le plus proche d’une droite moderniste cohérente.
C. Royaume-Uni
- Les Tories de la période Cameron (2010–2016) ont flirté avec un modernisme conservateur (green conservatism, réformes de société).
- Mais cela a disparu depuis le Brexit.
D. Allemagne
- La CDU/CSU contient un courant « modernisateur » (numérique, énergie, industrie verte)
- Mais il reste modéré et parfois freiné par l’aile conservatrice.
E. Espagne / Italie / Europe du sud
- Les droites tendent à être soit libérales-conservatrices (PP, Forza), soit nationalistes.
- Peu d’espace pour un modernisme de droite cohérent.
3. Positionnement idéologique du modernisme de droite
Le modernisme de droite se distingue par cinq axes :
1. Économiquement : réformiste, agile, pro-innovation
- Pas ultra-libéral, mais pro-entreprise.
- Favorise la modernisation, l’investissement, la transition énergétique pragmatique.
2. Sociétalement : progressiste mais encadré
- Ouverture contrôlée, défense des libertés individuelles,
- Pas de conservatisme moral classique.
3. Identité : patriotisme civique non identitaire
- Valorisation de la culture nationale et des symboles civiques.
- Pas de nationalisme ethnique.
4. Écologie : environnementalisme optimiste
- Croire que la technologie + l’économie peuvent résoudre les défis climatiques.
- Refus du catastrophisme.
5. Gouvernance : État agile, efficace, protecteur mais non tentaculaire
- Ni bureaucratique, ni minimaliste.
- État fort dans ses missions régaliennes et stratégiques.
4. Pourquoi ce créneau reste largement inoccupé ?
- Trop réformiste pour une droite conservatrice.
- Trop pro-innovation et pro-Europe pour une droite nationaliste.
- Trop attaché à l’ordre, à la souveraineté et à la responsabilité individuelle pour la gauche.
- Trop structuré et idéologiquement cohérent pour les partis « attrape-tout ».
Résultat : un espace politique réel mais non exploité.
5. Dans le paysage belge, où cela se situe concrètement ?
Le modernisme de droite est :
➡À droite du MR sur le plan du mérite, de l’ordre, de l’autorité et de la souveraineté,
➡À gauche de la N-VA et très loin du VB sur le plan sociétal, européen et écologiste,
➡Plus réformiste, modernisateur, technophile, écologiquement optimiste et civique que les droites existantes.
Ce courant peut attirer :
- classes moyennes actives,
- entrepreneurs, indépendants, cadres,
- jeunes urbains conservateurs modérés,
- électeurs déçus des partis traditionnels,
- réformistes lassés du clivage gauche-droite classique.
Conclusion
Le modernisme de droite est un courant émergent, mais encore peu structuré politiquement.
En Belgique, il n’existe pas réellement sous une forme claire, ce qui en fait un créneau politiquement viable pour un parti comme le MDM qui a décidé de s’y ancrer de manière cohérente, moderne et non identitaire.

