
L’UE touchée de plein fouet par le « Qatargate », le « Moroccangate », l’ « Irangate », le Parlement wallon par les tartufferies de son ancien greffier et l’incurable somnolence de sa présidence…
Et personne ne prête attention au silence assourdissant du « petit poucet » qu’est le Parlement bruxellois dont le personnel, les membres, et la présidence, préfèrent longer les murs en toute discrétion de peur d’attirer l’attention et d’être eux aussi exposés à une vérité gênante. Et ils ont bien raison, car en cette période de « black-out » moral, pour vivre heureux mieux vaut vivre caché.
Pourrait-on parler pour le Parlement bruxellois d’une insouciance éthique ayant encouragé une culture de l’impunité ? C’est plus que probable étant donné que dans cette instance bruxelloise, et c’est assez troublant, il n’existe tout simplement pas de système effectif de surveillance éthique.
Donc il sera vain de reprocher et démontrer l’incapacité du système actuel de surveillance éthique du Parlement bruxellois à réduire les risques d’abus et/ou de conflits d’intérêts possibles, patents ou latents : rien d’opérationnel n’est prévu, rien de concret n’a jamais été actionné.
Il y avait pourtant un faisceau d’indices montrant ici aussi que l’argent achète l’influence dans la capitale européenne, notamment les interventions de parlementaires d’origine turque vantant les mérites de la politique extérieure du régime Erdogan, spécifiquement celle concernant les Kurdes de Syrie.
De même, plusieurs discours (témoignant au passage de l’entrisme musulman) de plusieurs parlementaires d’origine maghrébine et turque, vantant eux aussi les bienfaits et l’avant-gardisme du Qatar en matière sociale au Moyen-Orient.
Et si l’on en juge par les discours de certains députés bruxellois on peut se demander si nous ne verrions pas bientôt surgir un « Moroccangate » spécifique à la Région Bruxelles-Capitale…
Le parlement bruxellois est lui aussi un maillon faible du système d’intégrité de la démocratie belge et de la démocratie européenne, du fait d’une application très déficiente de règles qui, de toute façon, sont déjà à la base laxistes.
Les membres du Parlement bruxellois sont eux aussi autorisés à avoir des emplois secondaires (un quart des députés bruxellois déclarent le faire), et ils ne sont responsables de leur conduite que devant leurs pairs, toujours étonnamment tolérants et bienveillants (peut-être de peur d’être taxé de stigmatisation d’autrui ?).
Étant donné la proportion de députés bruxellois qui profitent de cette complaisance, il n’est pas surprenant que mêmes les hypothétiques enquêtes (elles sont tellement rares qu’on ne parle plus que d’hypothèses) n’aboutissent à rien et laissent les manquements éthiques impunis. Par ailleurs, les députés bruxellois, eux non plus ne sont pas tenus de déclarer toutes leurs réunions.
Et les protections existantes pour les assistants parlementaires qui agiraient comme lanceurs d’alerte ne fonctionnent pas dans la pratique, car leur emploi dépend de la relation de confiance avec leur député bruxellois.
Et puis, l’institution parlementaire bruxelloise est affublée d’un handicap majeur pour enquêter sur la capacité, ou l’incapacité, morale de ses membres : à Bruxelles, plus que partout ailleurs, étant donné que 75 % des habitants ont une origine étrangère, toute tentative de contrôle éthique est susceptible d’engranger automatiquement des récriminations de stigmatisation communautaire ou religieuse.
Donc la règle non écrite, non dite, c’est : pas de surveillance (ou alors la plus minime possible) pour ne pas provoquer de malaise ou de dispute entre représentants de communautés qui vivent côte à côte plus qu’ensemble.
En somme, enquêter sur toute affaire de collusion, concussion, corruption, trafic d’influences, c’est ouvrir la boîte de Pandore du cosmopolitisme bruxellois.
Sous cet angle, l’insouciance éthique du Parlement bruxellois qui a encouragé une culture de l’impunité se comprend mieux, même si elle nuit non seulement à la confiance des citoyens bruxellois dans les institutions démocratiques mais aussi aux intérêts de la Région Bruxelles-Capitale, car elle entraîne des comportements contraires à ses valeurs déclarées, dans une période de réalignement géopolitique (prochaine réforme de l’État fédéral, projets de confédéralisme voire de sécession de la Flandre…) sans précédent pour notre Royaume.

