La droite qui innove, la Belgique qui avance

L’avenir se construit par la naissance, pas par la transition énergétique


Il est devenu presque impossible, en Belgique, de prononcer le mot « avenir » sans être aussitôt renvoyé aux émissions de CO₂, à la neutralité carbone ou à la rénovation énergétique des bâtiments. La transition énergétique est devenue l’horizon obligé de toute politique publique, le critère auquel on prétend soumettre l’économie, les transports, le logement et jusqu’aux comportements individuels.

Mais une société ne se résume pas à son empreinte carbone. Elle repose d’abord sur des femmes et des hommes capables de la faire vivre, de la transmettre et de la renouveler. Or c’est précisément cette évidence que notre pays semble avoir oubliée : l’avenir de la Belgique se construit d’abord par la naissance, plus que par la transition énergétique.

Cette affirmation n’est ni un refus de la responsabilité environnementale ni un plaidoyer pour l’inaction climatique. Elle est un rappel des priorités. Un pays qui ne croit plus en sa propre descendance, qui ne permet plus aux familles d’accueillir des enfants dans des conditions dignes et qui compense son déclin démographique par une immigration non maîtrisée ne prépare pas son avenir : il administre son effacement.

Une Belgique qui vieillit et renonce

La Belgique vieillit. Les générations nombreuses arrivent à la retraite, tandis que les générations qui suivent sont moins nombreuses. Cette évolution pèse déjà sur les pensions, les soins de santé, l’enseignement, le marché du travail et le financement de la sécurité sociale.

Le problème n’est pas seulement comptable. Une société vieillissante est aussi une société qui doute davantage d’elle-même, qui privilégie la préservation de l’existant et qui peine à se projeter. Lorsque les naissances diminuent, ce sont les écoles qui ferment, les communes qui se vident, les entreprises qui manquent de travailleurs et les systèmes sociaux qui deviennent plus fragiles.

L’enfant n’est pourtant pas une charge au sens où le présentent certains raisonnements technocratiques. Il est le futur citoyen, le futur soignant, le futur ingénieur, le futur entrepreneur, le futur enseignant et, plus largement, le futur contributeur à la solidarité collective. Chaque naissance représente une responsabilité immédiate, mais aussi un investissement humain de long terme.

La Belgique a pris l’habitude de parler de natalité avec gêne, comme si soutenir les familles relevait d’une nostalgie réactionnaire. Cette pudeur est incompréhensible. La démographie n’est pas une opinion : elle détermine les conditions concrètes de notre avenir collectif.

La transition énergétique ne remplacera jamais une politique familiale

On peut électrifier les voitures, isoler les logements et installer des éoliennes. Rien de tout cela ne remplacera les citoyens nécessaires pour faire fonctionner les hôpitaux, les entreprises, les administrations et les écoles.

La transition énergétique peut modifier notre manière de produire et de consommer. Elle ne répond pas à la question essentielle : qui fera fonctionner la société dans vingt ou trente ans ?

Cette question ne se règle pas par des slogans. Elle ne se résout pas davantage par l’importation permanente de main-d’œuvre ou par une immigration pensée comme variable d’ajustement démographique. Une politique qui refuse de soutenir la natalité nationale tout en comptant sur des arrivées toujours plus nombreuses pour maintenir les équilibres économiques prend le risque d’ajouter une fragilité sociale à une fragilité démographique.

L’immigration peut contribuer à la vitalité d’un pays lorsqu’elle est maîtrisée, intégrée et compatible avec ses capacités d’accueil. Mais elle ne peut être le substitut permanent d’une politique familiale. Elle ne crée pas automatiquement de la cohésion, ne résout pas mécaniquement les pénuries de main-d’œuvre et ne dispense pas l’État de s’interroger sur les raisons pour lesquelles tant de jeunes adultes renoncent à avoir des enfants.

Pourquoi les Belges hésitent-ils à devenir parents ?

La réponse est connue, mais elle est rarement assumée politiquement. Les jeunes couples font face à un logement trop cher, à des emplois précaires, à des crèches insuffisantes, à des horaires incompatibles avec la vie familiale et à une fiscalité qui pénalise trop souvent les ménages avec enfants.

À cela s’ajoute un climat culturel de découragement. On explique aux jeunes que l’avenir sera plus pauvre, plus chaud, plus endetté, plus conflictuel et plus contraint. Puis on s’étonne qu’ils hésitent à fonder une famille.

Il ne s’agit évidemment pas de commander les naissances ni de culpabiliser ceux qui n’ont pas d’enfants. La liberté de ne pas devenir parent doit être pleinement respectée. Mais la liberté de vouloir une famille doit l’être tout autant. Or cette liberté est aujourd’hui limitée par des obstacles matériels que les pouvoirs publics refusent de traiter avec la détermination qu’ils consacrent à d’autres priorités.

Une révolution familiale est nécessaire

La Belgique doit faire de la politique familiale une priorité nationale, avec des mesures simples, lisibles et durables.

Il faut d’abord rendre le logement accessible aux jeunes ménages. Une politique qui multiplie les normes, renchérit la construction et laisse les familles se battre pour trouver un logement adapté organise elle-même la baisse de la natalité.

Il faut ensuite garantir une place en crèche et développer des solutions d’accueil souples, compatibles avec les horaires réels du travail. Il faut aussi mieux valoriser le congé parental, protéger les carrières des parents et mettre fin à l’idée que la maternité constitue un risque professionnel.

La fiscalité doit également tenir compte de la réalité familiale. Un ménage avec trois enfants ne peut être considéré comme une simple unité fiscale parmi d’autres. Il assume une fonction sociale essentielle, en élevant les citoyens qui feront demain vivre les institutions collectives.

Enfin, la Belgique doit cesser de traiter la démographie comme une fatalité. Les projections ne sont pas des condamnations. Elles décrivent ce qui arrivera si nous ne changeons rien. Une politique volontariste peut modifier les conditions dans lesquelles les citoyens font leurs choix.

L’écologie doit servir la vie, non la remplacer

Il faut défendre une écologie au service de la prospérité humaine. L’environnement mérite d’être protégé parce que nous voulons transmettre un pays habitable à nos enfants, et non parce que l’être humain serait devenu un problème à réduire.

Une transition énergétique raisonnable doit préserver le pouvoir d’achat, la compétitivité, la mobilité et l’accès au logement. Elle ne peut pas devenir une machine à taxer les ménages, à interdire les comportements ordinaires et à rendre la vie familiale encore plus coûteuse.

Il y a une contradiction profonde à prétendre sauver la planète tout en rendant chaque naissance économiquement plus difficile. Une société qui ne peut plus loger ses familles, chauffer ses maisons, financer ses écoles et garantir un avenir professionnel à ses enfants ne peut pas se contenter d’afficher des objectifs climatiques.

La véritable question n’est pas de choisir entre l’environnement et la natalité. Elle est de savoir quelle politique mettra l’une et l’autre au service d’un même projet : transmettre un pays prospère, cohérent et vivable.

Refuser le renoncement

La Belgique ne manque pas de rapports, de plans et d’objectifs à long terme. Elle manque d’une volonté politique claire : celle de dire que les enfants ne sont ni un coût à minimiser ni une variable statistique, mais la condition même de la continuité nationale.

Un pays qui ne transmet plus ne se sauve pas en changeant seulement son mix énergétique. Il se maintient provisoirement, puis s’affaiblit. Il peut réduire ses émissions tout en perdant sa cohésion, sa capacité productive et sa confiance collective.

L’avenir ne sera pas construit uniquement dans les parcs éoliens, les laboratoires de batteries ou les administrations chargées de mesurer nos émissions. Il se construira dans les familles, les maternités, les crèches, les écoles et les quartiers où grandiront les citoyens de demain.

La Belgique doit donc changer de priorité. Elle doit soutenir ceux qui veulent transmettre la vie, récompenser l’effort familial et restaurer les conditions matérielles d’un projet collectif. La transition énergétique peut être nécessaire. La naissance, elle, est indispensable.

Sans enfants, il n’y a ni société à préserver, ni économie à faire fonctionner, ni démocratie à transmettre.

Texte inspiré des livres :


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