
Pour une réforme d’urgence de l’enseignement en Belgique francophone
Vision globale
Le MDM propose une réforme d’urgence, lisible et exigeante : remplacer l’école-bureaucratie par une école de résultats, où chaque élève dispose d’un parcours personnalisé, d’objectifs mesurables, de remédiations rapides et d’une liberté de progression adaptée à son rythme.
Le système actuel, construit sur des compromis institutionnels et des réformes successives, a produit une école moins cohérente, moins exigeante et souvent moins juste. Nous voulons inverser cette dynamique.
Principe central : l’argent public doit suivre la réussite de l’élève, pas la reproduction des structures.
Axe 1 – Un tronc commun souple, organisé en blocs de compétences
1.1. Fin de l’uniformisation rigide
- Réformer le tronc commun actuel pour le rendre souple jusqu’à 15 ans.
- Le remplacer par blocs de compétences modulaires :
- Français
- Mathématiques
- Sciences
- Numérique et informatique
- Langues
- Esprit critique et citoyenneté
- Entrepreneuriat
- Ateliers d’orientation (découverte des métiers, de l’alternance, du qualifiant)
1.2. Progression par compétences, pas uniquement par année
- Chaque élève progresse par blocs maîtrisés, avec possibilité d’avancer plus vite dans certains domaines.
- Les élèves en difficulté reçoivent un accompagnement ciblé sur les blocs non maîtrisés, sans être bloqués dans leur parcours global.
- Introduire une progression possible : un élève peut maîtriser un bloc de mathématiques en 6 mois au lieu de 12 ans, si son rythme est plus rapide.
1.3. Évaluations fréquentes et transparentes
- Évaluations toutes les 6–8 semaines par bloc de compétences.
- Résultats publics et comparables entre écoles (avec garanties éthiques et protection des données).
- Chaque élève dispose d’un dossier de compétences numérique, visible par la famille, l’école et, avec accord, les acteurs d’orientation.
Axe 2 – Un « budget élève » pour la réussite individuelle
2.1. Principe du budget élève
- Chaque enfant reçoit un crédit annuel de remédiation et d’appui, mobilisable pour :
- Tutorat individuel ou en petit groupe
- Soutien logopédique
- Appui psychologique et éducatif
- Numérique éducatif et plateformes d’exercices
- Activités d’accrochage scolaire
- Satellites d’orientation (découverte de métiers, ateliers pratiques)
2.2. Modalités d’usage
- Le budget élève peut être utilisé :
- Dans l’école de l’élève (services internes)
- Chez un opérateur agréé (associations, cabinets de tutorat, centres de soutien)
- Dans des structures d’accompagnement hors école (avec validation pédagogique)
- L’école et l’élève/famille choisissent ensemble le plan de remédiation, sous contrôle pédagogique.
2.3. Financement et pilotage
- Le budget élève est financé par l’autorité publique (FWB, avec coordination avec les communautés).
- Montant proposé : minimum 600–900 € par élève par an, ajusté selon le niveau de difficulté et le contexte social.
- Les écoles qui obtiennent des progrès mesurables sur les élèves en difficulté bénéficient de bonus de financement.
Axe 3 – Accrochage, décrochage et remédiation rapide
3.1. Détection précoce du décrochage
- Mettre en place un système d’alerte précoce :
- Absences répétées
- Évaluations en baisse sur plusieurs blocs
- Signaux de comportement ou de motivation
- Dès le premier signal, un plan d’action immédiat est déclenché (tutorat, appui psychologique, rencontre famille).
3.2. Tutorat intensif et obligatoires
- Instaurer un tutorat obligatoire pour tout élève en difficulté sur un ou plusieurs blocs :
- Au moins 2 heures par semaine de tutorat personnalisé ou en petit groupe
- Rémunération des tuteurs selon un barème clair (enseignants, professeurs seniors, étudiants validés)
- Les écoles doivent garantir un minimum de heures de tutorat par élève prioritaire.
3.3. Dispositifs d’accrochage
- Créer des dispositifs d’accrochage :
- Classes ou modules d’accrochage pour les élèves très en difficulté
- Activités pratiques, pédagogiques et professionnelles combinées
- Parcours alternatifs avec passerelles vers l’alternance et le qualifiant
- Ces dispositifs sont financés via le budget élève et des fonds dédiés d’accrochage.
Axe 4 – Orientation plus précoce, assumée et valorisée
4.1. Orientation dès 14–15 ans
- Introduire une orientation effective dès 14–15 ans :
- Choix de parcours plus orientés (général, technique, professionnel, artistique)
- Possibilité de passer à l’alternance ou au qualifiant sans relégation
- L’orientation n’est pas une sanction, mais une stratégie de réussite ciblée.
4.2. Valorisation de l’alternance et du qualifiant
- Rendre l’alternance et le qualifiant plus attractifs :
- Meilleure rémunération en alternance
- Revalorisation des formations qualifiantes
- Certification claire et reconnue par les employeurs
- Mettre en place des parcours hybrides : général + professionnel, avec passerelles permanentes.
4.3. Ateliers d’orientation dans chaque école
- Chaque école doit proposer :
- Des ateliers de découverte des métiers
- Des visites d’entreprises, de centres de formation
- Des rencontres avec des professionnels et des représentants de l’alternance
- Ces ateliers sont financés via le budget élève et des fonds régionaux d’orientation.
Axe 5 – Responsabilité, évaluation et pilotage par les résultats
5.1. Évaluation des écoles par progrès réel
- Installer un système d’évaluation des écoles basé sur :
- Les progrès des élèves en difficulté
- La réduction du décrochage
- La maîtrise des blocs de compétences
- L’insertion des élèves après l’école (alternance, emploi, études)
- Les écoles qui montrent des progrès sont financièrement récompensées.
- Les écoles qui stagnent reçoivent un plan d’accompagnement obligatoire.
5.2. Responsabilisation des pouvoirs organisateurs
- Les pouvoirs organisateurs (écoles, réseaux, communes) doivent :
- Présenter un plan de réussite annuel
- Rendre compte des résultats obtenus
- Assume la responsabilité du succès ou de l’échec de leurs élèves
- En cas d’échec répété, des mesures de correction peuvent être prises (changement de direction, réorganisation, fusion).
5.3. Pilotage national par objectifs
- Instaurer un pilotage fédéral par objectifs :
- Objectifs nationaux de maîtrise des blocs clés (français, math, numérique)
- Objectifs de réduction du décrochage
- Objectifs d’insertion professionnelle des élèves
- Ces objectifs sont publics, mesurables et régulièrement actualisés.
Axe 6 – Soutien aux enseignants et nouveau rôle pédagogique
6.1. Formation ciblée sur la remédiation
- Former les enseignants à :
- La remédiation efficace
- Le tutorat individuel et en petit groupe
- L’utilisation des outils numériques éducatifs
- La gestion de l’hétérogénéité dans les classes
- Cette formation est continue, avec des modules obligatoires et des certifications.
6.2. Rémunération liée à l’engagement et aux résultats
- Introduire un système de rémunération complémentaire :
- Pour les enseignants qui s’engagent dans le tutorat intensif
- Pour les enseignants qui obtiennent des progrès mesurables avec leurs élèves
- Pour les enseignants qui travaillent dans des écoles en difficulté prioritaire
- Cela valorise l’engagement réel plutôt que la simple présence.
6.3. Réduction de la charge administrative
- Limiter fortement les procédures administratives inutiles pour les enseignants :
- Simplifier les circulaires
- Réduire le nombre de rapports
- Centraliser les outils de suivi
- Les enseignants doivent pouvoir enseigner, pas administrer.
Axe 7 – Numérique éducatif et outils modernes d’apprentissage
7.1. Plateformes d’exercices et de suivi
- Développer et financer des plateformes numériques :
- Exercices interactifs en français, math, sciences, numérique
- Suivi des progrès par bloc de compétences
- Ces plateformes sont accessibles gratuitement pour tous les élèves.
7.2. Équipement numérique des élèves
- Garantir à chaque élève :
- Un appareil numérique (ordinateur portable ou tablette)
- Un accès internet à distance
- Un support technique et pédagogique
- Cet équipement est financé via le budget élève et des fonds numériques.
7.3. Formation des enseignants au numérique
- Former systématiquement les enseignants à :
- L’utilisation des plateformes éducatives
- La gestion de classes hybrides (en présentiel + numérique)
- L’évaluation via le numérique
- Le numérique n’est pas un gadget, mais un levier de réussite.
Axe 8 – Équité sociale et soutien aux territoires prioritaires
8.1. Zones prioritaires d’éducation
- Identifier des zones prioritaires :
- Quartiers urbains en difficulté
- Zones rurales isolées
- Territoires avec forte précarité
- Ces zones bénéficient de :
- Un budget élève majoré
- Des dispositifs d’accrochage renforcés
- Des prime pour les enseignants qui y travaillent
8.2. Soutien aux familles précaires
- Mettre en place un soutien aux familles précaires :
- Aide pour les coûts de transport scolaire
- Aide pour les coûts de matériel scolaire
- Accueil périscolaire gratuit ou à coût réduit
- Cela permet de réduire les freins matériels à la réussite.
8.3. Inclusion des élèves à besoins spécifiques
- Garantir un soutien renforcé pour les élèves à besoins spécifiques :
- Logopédie
- Psychologie
- Adaptation pédagogique
- Ces soutiens sont financés via le budget élève et des fonds d’inclusion.
Axe 9 – Transition et mise en œuvre
9.1. Phasage de la réforme
La réforme se déroule en 3 phases :
- Phase 1 (1–2 ans) :
- Mise en place des blocs de compétences dans les écoles pilotes
- Lancement du budget élève dans les zones prioritaires
- Début du tutorat intensif et de la détection précoce
- Phase 2 (2–4 ans) :
- Généralisation des blocs de compétences à toutes les écoles
- Extension du budget élève à tous les élèves
- Mise en place du pilotage national par objectifs
- Phase 3 (4–6 ans) :
- Évaluation complète de la réforme
- Ajustements nécessaires
- Généralisation des dispositifs d’accrochage et d’orientation
9.2. Écoles pilotes et expérimentations
- Sélectionner des écoles pilotes :
- En milieu urbain
- En milieu rural
- Dans des contextes sociaux variés
- Ces écoles testent les nouveaux dispositifs et produisent des retours d’expérience pour ajuster la réforme.
9.3. Communication et transparence
- Communication claire et transparente vers :
- Les familles
- Les enseignants
- Les élèves
- Les pouvoirs organisateurs
- Publier chaque année un rapport national de réussite scolaire avec :
- Les progrès des élèves
- Le taux de décrochage
- Les résultats par bloc de compétences
- L’insertion des élèves après l’école
Axe 10 – Financement et coûts
10.1. Sources de financement
Le financement de la réforme repose sur :
- Réorientation des fonds existants :
- Réduction des coûts administratifs inutiles
- Simplification des structures et des procédures
- Financement public direct :
- Budget élève (600–900 € par élève/an)
- Dispositifs d’accrochage et d’orientation
- Fonds numériques et d’inclusion
- Bonus de performance :
- Pour les écoles qui obtiennent des progrès mesurables
- Pour les enseignants qui s’engagent dans la remédiation
10.2. Coût global estimé
Le coût global estimé de la réforme sur 6 ans :
- Budget élève : ~300–400 millions € sur 6 ans
- Dispositifs d’accrochage : ~80–120 millions € sur 6 ans
- Numérique et outils : ~50–80 millions € sur 6 ans
- Formation et tutorat : ~60–100 millions € sur 6 ans
Total estimé : ~500–700 millions € sur 6 ans, soit ~80–120 millions €/an.
Ce coût est maîtrisé et réparti sur plusieurs années, avec une réorientation des fonds existants.
10.3. Rentabilité sociale et économique
Cette réforme est rentable car :
- Elle réduit le décrochage, donc le coût social de l’inaction
- Elle améliore l’insertion professionnelle, donc les revenus futurs
- Elle renforce la compétitivité de la Belgique francophone
- Elle réduit les coûts de l’assistance sociale et de la formation post-scolaire
Engagement politique du MDM
Le Mouvement Droite Moderniste s’engage à :
- Porter cette réforme dès la prochaine rentrée parlementaire
- La faire adopter par un vote majoritaire clair, sans compromis qui la diluerait
- En assurer la mise en œuvre rigoureuse, avec un suivi annuel et des ajustements si nécessaire
- Rendre publique et transparente l’ensemble des résultats
Notre message est simple : Nous ne voulons plus d’école qui attend, qui explique, qui maquille.
Nous voulons une école qui enseigne, qui exige, qui fait réussir.
Le choix est politique.
Le MDM choisit l’exigence, la liberté d’organisation, la responsabilité mesurable et la justice sociale par la réussite réelle.

