
Voici un argumentaire en 10 points pour ne pas régulariser en masse les sans papiers, y compris ceux qui travaillent:
- La régularisation des sans-papiers n’est pas une solution durable, mais souvent un rattrapage politique d’un système qui a laissé se développer l’irrégularité.
- Régulariser massivement envoie un signal clair : l’irrégularité finit par être tolérée, donc elle devient un pari rationnel pour de nouveaux arrivants.
- Le fait de travailler ne suffit pas à justifier un droit automatique au séjour ; sinon, on transforme l’utilité économique en critère principal de la citoyenneté.
- Cette logique réduit la personne à sa fonction productive : elle est acceptée tant qu’elle sert le marché, pas parce qu’elle relève d’un cadre de droit stable.
- La régularisation peut légitimer, a posteriori, des secteurs économiques qui vivent de la précarité, des bas salaires et du contournement des règles.
- Elle risque aussi d’affaiblir les salariés réguliers, en maintenant une main-d’œuvre vulnérable qui tire vers le bas les conditions de travail et la négociation salariale.
- Elle déplace la responsabilité : au lieu de sanctionner les employeurs qui profitent du travail illégal, on finit par absorber les conséquences de leurs pratiques.
- L’argument humanitaire est souvent utilisé de façon sélective : il sert à justifier une politique floue, sans s’attaquer aux causes structurelles de l’irrégularité.
- Une politique sérieuse doit d’abord contrôler l’emploi illégal, lutter contre les filières d’exploitation et renforcer les sanctions contre les employeurs fautifs.
- Les régularisations doivent rester exceptionnelles, individuelles et strictement encadrées ; sinon, l’exception devient la règle, et la règle perd toute crédibilité.

