
L’opération militaire « Epic Fury » (menée par les États-Unis et Israël en Iran) est loin d’être un « immense gâchis » à l’aune de la doctrine de la « paix par la force », la Realpolitik et l’atteinte d’objectifs stratégiques précis.
Voici une démonstration en quatre points.
1. L’atteinte des objectifs de sécurité à long terme (L’argument de l’efficacité)
L’argument du « gâchis » repose souvent sur le coût financier ou matériel de l’opération. Pour le contester, il faut déplacer le curseur sur le bénéfice sécuritaire global.
- Neutralisation d’une menace existentielle : Les frappes ont permis le démantèlement direct et systémique des infrastructures de missiles balistiques iraniens et de leur complexe de production. L’argument consiste à dire que le coût de l’opération est dérisoire face au coût humain et économique qu’aurait engendré une frappe de missiles iranienne à grande échelle sur les infrastructures mondiales ou des pays alliés.
- Le gel définitif du programme nucléaire : En détruisant la base industrielle militaire du régime, l’opération a neutralisé de fait la course à l’arme nucléaire de Téhéran, atteignant un objectif que des décennies de diplomatie (notamment le JCPOA) n’avaient pas réussi à sanctuariser.
2. La rupture de la chaîne de déstabilisation régionale (L’argument géopolitique)
Un autre angle fort est de démontrer que l’opération a assaini la situation sécuritaire au Moyen-Orient.
- L’affaiblissement des réseaux de procuration (proxies) : En ciblant les centres de commandement et d’approvisionnement en Iran, l’opération a coupé le cordon ombilical financier et logistique qui alimentait les groupes terroristes et milices régionaux (Houthistes, Hezbollah, etc.).
- Restauration de la liberté de navigation : Le rétablissement de la sécurité dans des zones maritimes critiques comme le détroit d’Ormuz ou la mer Rouge (mettant fin aux attaques de drones et de mines) protège le commerce mondial, ce qui compense largement le coût de l’effort de guerre initial.
3. Le rétablissement de la dissuasion (L’argument de la crédibilité)
L’inaction ou la diplomatie passive face à des provocations répétées est parfois perçue comme un aveu de faiblesse qui encourage l’escalade.
- Changement de paradigme : En éliminant les hauts dirigeants du régime (dont le Guide suprême Ali Khamenei dès les premières heures) et en menant des milliers de frappes de précision, la coalition a envoyé un signal de dissuasion maximal aux autres puissances révisionnistes mondiales.
- Preuve de supériorité technologique et opérationnelle : Présentée par le Pentagone comme l’une des opérations aériennes les plus complexes de l’histoire, la démonstration de force prouve la capacité des alliés à saturer et détruire des défenses anti-aériennes modernes, validant l’efficacité des investissements de défense de ces dernières décennies.
4. L’échec avéré des solutions alternatives (L’argument du réalisme)
Pour valider le recours à la force, on peut démontrer que les voies non militaires étaient dans l’impasse.
- L’épuisement de la diplomatie : On peut arguer que la thèse du « gâchis » est idéaliste, car elle ignore le fait que le régime iranien violait systématiquement les accords et poursuivait son expansionnisme malgré les sanctions économiques. L’intervention militaire n’était pas un premier choix impulsif, mais l’aboutissement inévitable face à un danger qualifié d’« imminent ».
Synthèse :
L’opération Epic Fury ne peut être qualifiée de gâchis car elle a résolu par la force une crise asymétrique que la diplomatie a échoué à régler pendant vingt ans. En seulement quelques semaines, elle a neutralisé la menace nucléaire iranienne, détruit l’appareil de projection de missiles qui menaçait l’économie mondiale, et restauré une dissuasion stratégique globale. Payer le prix d’une opération militaire ciblée aujourd’hui a permis d’éviter une guerre régionale totale et infiniment plus coûteuse demain.

