
La perspective — encore théorique mais de moins en moins impensable — de la fin de l’OTAN devrait agir comme un électrochoc salutaire pour l’Europe. Non pas parce que l’Alliance atlantique serait devenue inutile, mais parce que sa disparition mettrait brutalement l’Union européenne face à sa plus grande contradiction historique : vouloir être une puissance sans accepter d’en assumer les responsabilités.
Depuis des décennies, l’Europe s’est construite sur un confort stratégique. Nous avons bâti un marché commun, une monnaie, des politiques sociales et environnementales ambitieuses, une diplomatie normative, mais nous avons délégué l’essentiel de notre sécurité à Washington. Cette dépendance a été commode — elle a aussi été infantilisation.
Si l’OTAN venait à s’effondrer à la suite d’une crise majeure — qu’elle soit liée au Groenland, à l’Arctique, à l’Ukraine ou à un tournant isolationniste américain — l’Union européenne ne pourrait plus se cacher derrière le parapluie américain. Elle serait sommée de répondre à une question simple et redoutable : sommes-nous une véritable communauté politique, ou seulement un marché prospère ?
La vérité est crue : sans accord rapide et ambitieux sur une défense commune, l’UE entrerait dans une crise existentielle. Les fractures déjà visibles entre États membres — Est contre Ouest, souverainistes contre fédéralistes, prudents contre faucons — deviendraient béantes. Chacun chercherait sa sécurité dans des alliances de circonstance, des accords bilatéraux, ou des replis nationaux. L’Europe, au lieu de s’unir, risquerait de se disloquer.
Pour le Mouvement Droite Moderniste, ce scénario n’est pas une fatalité — mais il exige un sursaut.
Nous plaidons pour un souverainisme éclairé européen : une Europe capable de se défendre par elle-même, sans renier ses alliances, mais sans dépendre d’elles. Une Europe qui assume sa puissance militaire, protège ses frontières, sécurise ses infrastructures stratégiques et parle d’une seule voix face aux grandes puissances.
Cela suppose trois ruptures nécessaires :
- Rompre avec l’illusion pacifiste.
La paix ne se proclame pas, elle se garantit. Une Europe désarmée est une Europe vulnérable, donc manipulable. - Rompre avec l’égoïsme national à courte vue.
La défense commune ne peut pas être à la carte. Soit nous la construisons ensemble, soit nous échouons séparément. - Rompre avec l’ambiguïté institutionnelle.
Il faut des institutions européennes de défense claires, démocratiques et efficaces — un véritable pilier stratégique à Bruxelles.
Pour la Belgique, et pour Bruxelles en particulier, l’enjeu est colossal. Notre capitale pourrait devenir le cœur d’une Europe puissance — ou le symbole d’une Union impuissante et divisée.
La fin de l’OTAN serait une épreuve de vérité. Elle pourrait marquer le début d’un âge sombre de fragmentation européenne… ou l’acte fondateur d’une Europe enfin adulte.
Le MDM choisit résolument la seconde voie :
une Europe forte, une Belgique souveraine et solidaire, une défense crédible, et un patriotisme civique ancré dans la modernité.
Parce qu’une Europe incapable de se défendre est une Europe condamnée à disparaître.
Mouvement Droite Moderniste —
Racines fortes, regard neuf.

