La droite qui innove, la Belgique qui avance

Quelle armée belge sans l’OTAN?


Que faudrait-il changer, chiffrer et réorganiser pour que la Belgique soit militairement crédible dans un monde post-OTAN.


1) Le principe de base : passer d’une armée “expéditionnaire alliée” à une armée de défense nationale crédible

Aujourd’hui, l’armée belge est conçue pour :

  • opérer avec l’OTAN,
  • dans des coalitions,
  • loin du territoire national (missions extérieures),
  • avec appui américain et allié pour le renseignement, l’aérien et la logistique.

Sans OTAN, il faudrait un changement de doctrine total :

Objectif prioritaire : protéger le territoire belge et ses infrastructures critiques.

Les trois missions clés deviendraient :

  1. Dissuader toute agression sur le sol belge.
  2. Protéger Bruxelles comme capitale européenne.
  3. Sécuriser Anvers, Zeebruges, pipelines, réseaux électriques et numériques.

2) À quoi devrait ressembler l’armée belge ?
A. Armée de terre — le cœur de la défense
Ce qu’il faudrait (ordre de grandeur réaliste)

Actuellement : ~ 10 000–12 000 militaires opérationnels terrestres.
Objectif sans OTAN : 25 000 – 30 000 soldats terrestres.

Avec :

  • 2 brigades mécanisées lourdes (chars + véhicules blindés)
  • 1 brigade légère de réaction rapide
  • 1 brigade territoriale de défense intérieure (protection des villes, ports, sites sensibles)
Équipements nécessaires
  • Plus de blindés modernes
  • Artillerie longue portée
  • Drones militaires armés et de surveillance
  • Défense anti-drones

L’idée : être capable de tenir le terrain belge seul pendant plusieurs semaines.


B. Force aérienne — le vrai saut qualitatif

C’est ici que le changement serait le plus radical.

Aujourd’hui, la Belgique dispose de F-35 (en cours d’arrivée), mais en nombre limité et dépendants de l’OTAN.

Sans OTAN, il faudrait :

  • 40 à 60 avions de combat (au lieu d’une trentaine effective)
  • Une défense aérienne intégrée nationale :
    • systèmes anti-aériens longue portée,
    • protection des villes (Bruxelles, Anvers, Liège),
    • protection des centrales électriques et du port d’Anvers.

Objectif : empêcher un adversaire de dominer le ciel belge.


C. Marine — protéger la mer du Nord et Anvers

Aujourd’hui : petite marine de niche (chasse aux mines, patrouilleurs).

Sans OTAN, il faudrait :

  • Frégates modernes de défense aérienne,
  • Drones maritimes,
  • Surveillance permanente de la mer du Nord,
  • Protection active des câbles sous-marins et routes maritimes.

Le but : empêcher un blocus maritime ou des sabotages.


D. Cyberdéfense — probablement l’arme la plus importante

Dans un monde post-OTAN, la Belgique serait une cible majeure de cyberattaques.

Il faudrait :

  • Une cyberarmée belge dédiée, capable de :
    • protéger le réseau électrique,
    • défendre les institutions européennes à Bruxelles,
    • sécuriser banques, ports et télécoms.

C’est l’un des domaines où la Belgique pourrait devenir très forte, même avec des moyens limités.


3) Combien de soldats au total ?

Ordre de grandeur crédible :

SituationEffectifs militaires
Belgique actuelle~ 25 000
Belgique sans OTAN45 000 – 60 000

Donc quasi doublement des forces armées.


4) Combien cela coûterait ?

Aujourd’hui :

  • Budget défense ≈ 1,2 % du PIB

Sans OTAN, il faudrait probablement :

2,5 % à 3 % du PIB, soit un bond budgétaire majeur.

Cela impliquerait :

  • arbitrages douloureux sur :
    • pensions,
    • santé,
    • aides sociales,
    • investissements publics.

C’est là que le débat politique belge deviendrait explosif.


5) La Belgique pourrait-elle être vraiment “autonome” ?

Pas totalement, car même avec une armée renforcée, la Belgique resterait trop petite pour :

  • rivaliser seule avec une grande puissance,
  • assurer seule sa dissuasion stratégique,
  • contrôler entièrement son espace aérien et maritime.

Donc, même sans OTAN, la Belgique devrait choisir une alliance structurante :

Deux options réalistes :

Option 1 — Alliance militaire avec la France

La Belgique s’adosse au parapluie nucléaire français et à l’armée française.

Scénario très plausible.

Option 2 — Défense européenne intégrée

La Belgique mise tout sur une armée européenne.

Aussi plausible, compte tenu de Bruxelles.


6) L’armée belge idéale sans OTAN

Si nous devions la résumer en une phrase :

Une armée deux fois plus grande, beaucoup plus aérienne, beaucoup plus cyber, et recentrée sur la défense du territoire belge plutôt que les missions extérieures.

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